samedi 15 décembre 2007

hozho nahasdlii


En langage Navajo "hozoh" peut-être traduit à la fois par "beauté" et "santé", deux notions qui sont inséparables dans la conscience d'exister de ce peuple. Au bord des routes, dans la réserve, on peut voir des panneaux de signalisation qui préconisent: "drive in beauty". Pour saluer quelqu'un, on dit: "allez dans la beauté". L'harmonie est dans la nature, l'harmonie est en l'homme, harmonie entre l'homme et la nature aussi. Selon un homme-médecine Navajo: " ll n'y a pas de guérison sans une remise en ordre et un embellissement des relations qui unissent un malade à ses semblables, à son environnement naturel; la maladie est un manquement à cette relation. La maladie n'est pas pour autant une punition. Ce ne sont pas les Êtres sacrés qui viennent châtier le patient parce qu'il a désobéit à cet ordre créé par eux. ll n'y a ni enfer, ni paradis. Ni commencement, ni fin. Le seul responsable, c'est le malade. C'est lui, et lui seul, qui guide ses pas vers la santé ou la maladie. S'il s'écarte, c'est son choix". (James Faris)
Les Navajos savent, et aussi enseignent, que la santé peut se perdre mais aussi se retrouver. Elle est faite de passages et de transgressions, jamais d'immobilité, jamais de punition. Le malade a fait un choix, il pourra, un jour, en faire un autre. ll n'y a ni jugement ni malédiction. On peut s'éloigner de l'état d'hozho, mais aussi y revenir. La guérison Navajo semble indiquer qu'il est possible de vivre, d'oser vivre, que rien ne viendra nous punir. Vivez, mais ne perdez jamais complètement votre pouvoir de guérison. Vivre, ce n'est pas tout faire pour éviter de tomber malade. Non, vivre, c'est avoir la capacité de guérir au moment voulu.
Extraits de "Enquêtes sur les savoirs indigènes (les Navajos: un peuple médecin) " Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou-Gallimard Ed. 2005

samedi 8 décembre 2007

merci (harmonie)


merci à Maurice Béjart (1927-2007) de m'avoir fait découvrir et aimer la danse quand j'étais enfant.

vendredi 7 décembre 2007

lettre de Ingrid Bétancourt (extraits)


"C'est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t'écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimentée, j'ai l'appétit bloqué, les cheveux me tombent en grande quantité. Je n'ai envie de rien. Je crois que c'est la seule chose de bien, je n'ai envie de rien, car ici, dans cette jungle, l'unique réponse à tout est "non". Il vaut mieux, donc, n'avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait trois ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu'au moins par compassion ils m'en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser. Chaque chose est un miracle, même t'entendre chaque matin, car la radio que j'ai est très vieille et abîmée.

Je veux te demander, Mamita Linda, que tu dises aux enfants qu'ils m'envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant, si ce n'est ce qui leur viendra à l'esprit et ce qu'ils auront envie d'écrire (...). Je n'ai besoin de rien de plus, mais j'ai besoin d'être en contact avec eux. C'est l'unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m'importe plus (...).

Comme je te disais, la vie ici n'est pas la vie, c'est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d'une moustiquaire et avec une tente au-dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j'ai une maison. J'ai une tablette où je mets mes affaires, c'est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n'est à soi, rien ne dure, l'incertitude et la précarité sont l'unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l'ordre de tout ranger (pour partir) et chacun doit dormir dans n'importe quel renfoncement, étendu n'importe où, comme n'importe quel animal (...).

Mes mains suent et j'ai l'esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu'à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me les prennent, comme le jean que Mélanie m'avait offert pour Noël, que je portais quand ils m'ont pris. L'unique chose que j'ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont glaciales, et je n'ai eu rien de plus pour me couvrir.

Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j'aimais nager dans le fleuve, mais maintenant je n'ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l'eau. Moi qui aimais tant l'eau, je ne me reconnais pas. (...) Mais depuis qu'ils ont séparé les groupes, je n'ai pas eu l'intérêt ni l'énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d'étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.

Avec les exercices d'étirement, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d'une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis huit à dix ans est un problème (...). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m'était arrivée m'a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d'Anastasia et Stanislas [neveux d'Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo [ses enfants], le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m'ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t'ont été racontés par Pinchao [Jhon Pinchao, sous-officier de police, otage des FARC qui a réussi ) s'échapper le 28 avril dernier]. Tout est dur.

Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l'eau, qui ne me laissent pas couler dans l'oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye, son ex-mari et le père de ses enfants], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].

Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L'amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... C'est vivre et mourir à nouveau.
Pendant des années, je n'ai pas pu penser aux enfants, et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute ma capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : "Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser." Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n'ai jamais su comment cela s'est passé, qui était là, s'il m'a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment a été de penser qu'il est parti confiant en Dieu et que là-bas je le retrouverai pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n'ai pas vu de messages jusqu'à ce qu'il me mette dans le groupe de Lucho, Luis Eladio Pérez [ex-sénateur, otage aussi], le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (...).

J'ai en mémoire l'âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le "Happy Birthday". Je demande à ce qu'ils me laissent faire un gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ça m'est égal s'ils amènent un biscuit ou une soupe de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c'est un gâteau et je leur célèbre dans mon coeur leur anniversaire.

A ma Melelinga (Mélanie), mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du Cygne, à elle que j'aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (...). Et si je devais mourir aujourd'hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C'est exactement ce que je t'aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli (Lorenzo) et Méla qu'ils n'abandonnent pas avant d'avoir leur doctorat. J'aimerais que Méla me le promette.

(...) Mélanie, je t'ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j'aurais voulu être. C'est pourquoi, avec l'expérience que j'ai accumulée dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chef musicien qui me chante et m'enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis qu'il est né jusqu'à aujourd'hui, il a été ma source de joies. Tout ce qui vient de lui est du baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m'apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J'ai enfin pu entendre sa voix, plusieurs fois cette année. J'en ai tremblé d'émotion. C'est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d'enfant. Un enrouement d'homme-homme, comme celle de mon papa (...). L'autre jour, j'ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C'est une publicité pour un parfum de Carolina Herrera, "212 Sexy men". On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l'ai gardée.

La vie est devant eux, qu'ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu'on apprend intellectuellement, mais aussi par l'expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère au service d'autrui, où l'ego se réduit à sa plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L'un va avec l'autre. C'est cela vivre (...).

A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J'ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu'il n'ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants d'âme que j'ai (...). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d'otage. J'ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (...). Si je venais à ne pas sortir d'ici, je te l'écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes ce que j'ai compris quand ton frère et ta soeur sont nés : je t'ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m'a donné. Le reste n'est que des formalités.


(...) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu'il a été la source de paix pour moi. (...) Dis à Fab que sur lui je m'appuie, sur ses épaules je pleure, qu'il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu'il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (...)

A mon Astrica [Astrid, sa sœur], tant de choses que je ne sais par où commencer. Tout d'abord, lui dire que "sa feuille de vie" m'a sauvée pendant la première année de prise d'otage, pendant l'année de deuil de mon papa (...). J'ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu'à ce que se tarisse le puits de larmes que j'ai dans mon coeur. Dans tout ce que je fais dans la journée, elle est en référence. Je pense toujours : "Ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions enfants" ou : "Ça, Astrid le faisait mieux que moi". (...) Je l'ai entendu plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d'admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l'élégance de ses sentiments. Je l'entends et je pense : "Je veux être comme ça" (...). Je m'imagine comment vont Anastasia et Stanis. Combien cela m'a fait mal qu'ils me prennent leurs dessins. Le poème d'Anastasia disait : "Par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous." Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.

Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonnés. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas un thème "politiquement correct", cela sonne mieux de dire qu'il faut être fort face à la guérilla même s'il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n'est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc., mais plutôt le fruit de la grandeur d'âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas (municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée). Beaucoup d'intérêts économiques et politiques qui considéraient être supérieurs à la vie et à la liberté d'une poignée de Noirs. Mais Lincoln a gagné, et il reste imprimé sur le collectif de cette nation la priorité de la vie de l'être humain sur quelque autre type d'intérêt.

En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j'aspire à ce qu'un jour nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c'est-à-dire quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les coeurs. Mais les coeurs se sont endurcis et pèsent tant qu'ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.

Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car elles ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner (elle cite alors l'ex-président Lopez et "en général tous les ex-présidents libéraux", Hernan Echavarria, les familles des députés du Valle, Mgr Castro et le Père Echeverri).

Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad [Cordoba] et à [Hugo] Chávez (le président vénézuélien, qui avec Piedad Cordoba s'est vu retiré sa mission de médiation par le président colombien Alvaro Uribe], toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur coeur, que je sais grand et valeureux. (Elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva [homme politique qui a tenté plusieurs négociations], Lucho Garzon [l'ancien maire de Bogota], et Gustavo Petro [chef de file de la gauche colombienne], puis mentionne des journalistes.

Mon cœur appartient aussi à la France (...). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s'est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenues et consolées."
Ingrid Betancourt
El Tiempo

mercredi 14 novembre 2007

le vide n'est pas le vide, il est plein d'ames et de présences, il n'est pas oubli mais est unique pour chacun


"Et du vide. Un vide somptueux.(...) Chacun parle du vide à sa manière, je suppose. ll peut prendre la forme du ventre d'une baleine; d'une vallée; d'une bulle géante de chewing-gum; d'un flacon de parfum recyclé dans lequel s'est logé un galion(...) Le mien est enfermé dans quatre-vingt trois pièces de bois. Chaque pin et chaque épicéa possèdent un timbre singulier que le luthier le plus talentueux ne peut amener, par transsexualisation, à "barytoniser" s'il est clair, ou à "sopraniser" s'il est sombre.(...) Le vide, matrice du son, reste une matière furtive. Quand on colle l'oreille aux ouïes d'un violon, on n'entend pas la mer. Ni la fôret d'où vient l'arbre."
Anna Moî -violon (opus cit.)

a way


L'important est la voie, pas la cible.

mardi 6 novembre 2007

journey to the other side...


Journey to the other side of believing
Leaving the past
Ways of thinking
Ways of doing
References
Attachment

Journey to the other side of concept
Fear merges
Doubt accompanies
Like shadow on the wall
Creeping
Like an evil spell
Haunted clear night

Journey to the other side of reality
Backward and forward
Going and returning
Up and down

Journey into the other side of extreme
Breaking the karmic law
Circle of tendency
Curtain of delusion

Journey to the other side of thinking
The very truth
Meaning of existance
Freedom from craving
Laws and orders
Judgement

Journey to the other side of appearance
Invisible hands
Reaching out
Guiding
Whispering
Holding......

(Nous n'avons que deux mains pour pétrir l'argile, quatre pour l'avenir)

conscience


la conscience le doux et le dur
la vérité de la vie?

mercredi 31 octobre 2007

circle of life


CIRCLE OF LIFE

Going and coming back
Millions of light times
In any colours
In any shapes

Going and coming back
Everlasting journey
Endless mystery
In the light
In the dark

Going and coming back
Meeting and separating
Laughing and crying
Like day and night

Going and coming back
Familiar face
mystery of "dejavu"
It seems so right
so familiar, so deep
Have I ever known you before

Going and coming back
Sharing this circle of life
Until the end of existance

Poème de l'arrière-petite fille de Yé-Yé (root of light)- Actes-sud-junior éd.

jeudi 25 octobre 2007

cyclamen


Where have all the flowers gone?

Where have all the flowers gone? - long time passing
Where have all the flowers gone? - long time ago
Where have all the flowers gone? - Young girls picked them every one
When will they ever learn? When will they ever learn?

Where have all the young girls gone? - long time passing
Where have all the young girls gone? - long time ago
Where have all the young girls gone? - gone to husbands everyone
When will they ever learn? When will they ever learn?

Where have all the young men gone? - long time passing
Where have all the young men gone? - long time ago
Where have all the young men gone? - gone for soldiers every one
When will they ever learn? When will they ever learn?

Where have all the soldiers gone? - long time passing
Where have all the soldiers gone? - long time ago
Where have all the soldiers gone? - gone to the graveyards every one
When will they ever learn? When will they ever learn?

Where have all the graveyards gone? - long time passing
Where have all the graveyards gone? - long time ago
Where have all the graveyards gone? - gone to flowers every one
When will they ever learn? When will they ever learn?


Pete Seeger

mercredi 24 octobre 2007

promenade dou dou




Je voudrais bien qu'on m'emmène en bateau, doucement.., me laisser aller au fil de l'eau sans effort.., tranquillement.., juste regarder et sentir...

way of life




PROPOS SUR LE BONHEUR

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et
souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le
silence
Sans aliénation vivez autant que possible en bon terme
avec toutes les personnes
Dites doucement et clairement votre vérité et écoutez
les autres même le simple d'esprit et l'ignorant :
Ils ont eux aussi leur histoire
Evitez les individus bruyants et agressifs
Ils sont une vexation pour l'esprit
Ne vous comparez à personne, vous répugnerez de
devenir vain ou vaniteux
Il y a toujours plus grand ou plus petit que vous
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos
accomplissements
Soyez toujours intéressé à votre carrière si modeste
soit-elle
C'est une véritable possession dans la prospérité
changeante du temps
Soyez prudent dans les affaires car le monde est plein
de fourberies
Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne les
vertus qui existent
Plusieurs individus recherchent les grands idéaux et
pourtant la vie simple est remplie d'héroïsme
Soyez vous-même
Surtout n'affectez pas l'amitié
Non plus ne soyez cynique en amour car il est face à
toute stérilité et de tout désenchantement aussi
éternel que l'herbe
Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant
avec grâce à votre jeunesse
Fortifiez une présence d'esprit pour vous protéger en
cas de malheur soudain
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la
solitude
Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec
vous-même
Vous êtes un enfant de l'univers pas moins que les
arbres et les étoiles
Vous avez le droit d'être ici.
Et qu'il vous soit clair ou non l'univers se déroule
comme il le devrait
Soyez en paix avec Dieu quelle que soit votre
conception de lui et quels que soient vos
travaux et vos rêves
Gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix
dans votre âme.
Avec toutes ses perfidies,ses besognes fastidieuses et
ses rêves brisés, le monde est pourtant beau
Prenez attention
Tachez d'être heureux

Texte trouvé dans une vieille église
de Baltimore en 1692
Auteur inconnu

1 euro pour Twombly!! (jugements, toujours des jugements!!)


“ll y a des amis dont on pourrait se passer. Le « fiancé » et « conseiller artistique » de Rindy Sam, cette jeune Cambodgienne de 30 ans qui, en juillet, a laissé la trace de ses lèvres rouges sur un triptyque de Cy Twombly exposé à la Fondation Lambert d'Avignon a, en quelques secondes, fait souffler un vent désagréable sur une audience que le président du tribunal de grande instance d'Avignon, Dominique Boisselet, avait manifestement voulue compréhensive. Bien sûr Rindy Sam, longue chevelure de jais tombant sur un pull blanc, avait multiplié les contradictions durant l'interrogatoire sur les faits et ses motivations. « Je voulais juste déposer un baiser, c'était un acte d'amour », répétait-elle d'une voix douce, niant avoir eu l'intention de laisser une trace sur la toile de lin blanche. Quelques instants après, cette « artiste amateur qui ne vend pas ses toiles » revendiquait son action « comme un geste artistique ».

Questionnée sur le bristol décoré de son baiser actuellement en vente sur Internet et distribué dans la salle des pas perdus du palais de justice d'Avignon, elle lançait : « Je me fous de cette notoriété, je veux qu'on me fiche la paix. » Le président lui rappelait dans un sourire sa présence dans l'émission télévisée de Laurent Ruquier. « Je suis gentille avec les journalistes », susurrait Mlle Sam, se retournant vers les rangs de la presse.

Mais ces contradictions entre une naïveté enfantine dans les gestes et une rouerie certaine dans les mots ne plaidaient pas forcément en sa défaveur. D'ailleurs, dans son réquisitoire, le procureur expliquait que, s'il faut « protéger le patrimoine commun », il faut aussi « protéger Sam Rindy du parasitisme qu'on sent autour d'elle ».

L'allusion était claire, qui désignait sans la nommer la petite troupe de Patrick Levieux, ledit « conseiller artistique » de la demoiselle, entendu comme témoin quelques instants auparavant. Ce professeur de philosophie marseillais avait d'abord averti le président qu'il fallait distinguer « les faits internes des faits externes » dans cette fameuse matinée du 19 juillet à la Fondation Lambert, devenue son chemin de Damas. M. Levieux expliquait ensuite qu'avant cette date il était « un niais prétentieux englué dans sa prétendue culture ». La preuve ? « Quand Sam embrasse la toile », il est plongé dans le catalogue et ne voit rien de cette « expérience mystique et joyeuse » que vient d'éprouver son égérie. Depuis ce moment de grâce, Patrick Levieux est devenu « un autre homme, sorti de sa torpeur dogmatique ». Légèrement narquois, le président s'étonne : « Si vous ne regardiez pas, vous devez avoir le sentiment d'avoir raté un grand moment de l'art ? » « Effectivement ! », concède M. Levieux.

La défense plaidait alors que ce « baiser, complètement spontané, naturel », loin d'être une dégradation, était « une consécration de l'artiste Cy Twombly » et demandait la relaxe pour une jeune femme « devenue l'objet d'un débat de la petite communauté qui s'intéresse à l'art contemporain ».

La partie civile a demandé 33 000 euros pour la restauration de la toile, 1 euro pour Cy Twombly au titre du préjudice moral et 2 millions d'euros pour la Fondation Lambert, propriétaire de la toile. Délibéré au 16 novembre.”
Michel Samson- article du Monde (octobre 2007)

jeudi 18 octobre 2007

again ( to a little horse )




You’re gonna make me lonesome when you go
Je serai bien seul quand tu partiras

I've seen love go by my door
It's never been this close before
Never been so easy or so slow.
Been shooting in the dark too long
When something's not right it's wrong
You're gonna make me lonesome when you go.

J’ai vu l’amour qui passait à ma porte
Il n’a jamais été proche à ce point
Jamais si facile ni si long.
Je me suis battu dans le noir trop longtemps
Quand on n’a pas raison, c’est qu’on a tort
Je serai bien seul quand tu partiras.

Dragon clouds so high above
I've only known careless love,
It's always hit me from below.
This time around it's more correct
Right on target, so direct,
You're gonna make me lonesome when you go.

Là-haut si haut des nuages dragon
Je n’ai connu que l’amour sans attention,
Toujours des coups par en-dessous.
Au moins cette fois c’est plus correct
En plein dans le mille, si direct,
Je serai bien seul quand tu partiras.

Purple clover, Queen Anne lace,
Crimson hair across your face,
You could make me cry if you don't know.
Can't remember what I was thinkin' of
You might be spoilin' me too much, love,
You're gonna make me lonesome when you go.

Trèfle pourpre, carotte sauvage,
Tes cheveux cramoisis en travers du visage,
Tu me faisais pleurer, si tu l’sais pas.
J’me souviens plus à quoi j’pensais
Tu m’aurais trop gâté, ma fée,
Je serai bien seul quand tu partiras.

Flowers on the hillside, bloomin' crazy,
Crickets talkin' back and forth in rhyme,
Blue river runnin' slow and lazy,
I could stay with you forever
And never realize the time.

Sur les flancs de la colline, la folle floraison,
Les chants des grillons vont et viennent en rimes,
Le fleuve bleu s’étire paresseux et lent,
Je pourrais être avec toi pour toujours
Et oublier le temps à jamais.

Situations have ended sad,
Relationships have all been bad.
Mine've been like Verlaine's and Rimbaud.
But there's no way I can compare
All those scenes to this affair,
You're gonna make me lonesome when you go.

Des histoires ont fini tristement,
Les relations se sont toutes mal passées.
Moi, ç’a été comme Verlaine et Rimbaud.
Mais pas question de comparer
Toutes ces liaisons avec cette aventure-ci,
Je serai bien seul quand tu partiras.

You're gonna make me wonder what I'm doin',
Stayin' far behind without you.
You're gonna make me wonder what I'm sayin',
You're gonna make me give myself a good talkin' to.

Je vais me demander ce que je suis en train de faire,
Pourquoi je reste loin derrière sans toi.
Je vais me demander ce que je suis en train de dire,
Tu vas m’obliger à me questionner.

I'll look for you in old Honolulu,
San Francisco, Ashtabula,
Yer gonna have to leave me now, I know.
But I'll see you in the sky above,
In the tall grass, in the ones I love,
You're gonna make me lonesome when you go.

Je chercherai après toi dans Honolulu,
San Francisco, Ashtabula,
Bientôt tu devras me quitter, je le sais.
Mais je te verrai dans les nuées,
Dans l’herbe haute, dans celles que j’aime,
Je serai bien seul quand tu partiras.

mardi 16 octobre 2007

exposition



Ma prochaine exposition aura lieu à Yvré-l'évêque du 9 au 13 novembre 2007.

rue de la paille


Les habitants de l'immeuble ont passé beaucoup de temps à frotter cette inscription à la brosse dure et au savon. En tant qu'homme, j'aurai préféré un autre sujet, en tant que peintre, j'aimerai bien connaître la composition du pigment...

mercredi 10 octobre 2007

J'ai rencontré quelqu'un qui est d'une droiture exemplaire


" La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil."
René Char

dimanche 30 septembre 2007

un atelier est un abri


L'atelier de Richard Texier se trouvait près des côtes de La Rochelle. C'était un lieu unique, un hâvre de paix et de création au milieu d'une mer parfois déchaînée. C'est une grande responsabilité de prendre soin, de faire exister un tel lieu. Le monde est là autour qui existe aussi, la répression en Birmanie, les combats en Somalie, les menaces de guerre en Iran, les pleurs d'un bébé, une cloche qui sonne, un papillon qui se pose, des émotions trop fortes, les passions... C'est un combat de tous les jours si on veut le partager, savoir respecter l'autre et se respecter soi-même. C'est un apprentissage de vie, je veux bien.





L'atelier de Richard Texier a été emporté par les vents de 140 km/h lors de la tempête de 1999...

samedi 22 septembre 2007

Charpente, amour et Rita Mitsuko


Sylvain Tesson, géographe-marcheur, escaladeur d’immeubles et de cathédrales, nous apprend dans son livre “petit traité sur l’immensité du monde” aux éditions des Équateurs-2007, qu’il existe une “forêt” insoupçonnée à Paris.
“lls (les compagnons-ouvriers qui l’entretiennent, y compris la nuit) nous firent entrer dans la “forêt”. C’est ainsi que l’on nomme la charpente de Notre-Dame de Paris. On devrait dire “ la jungle” car c’est un enchevêtrement de poutres ajustées les unes aux autres sans rivets, ni chevilles: un mikado de châtaigners. lls nous expliquèrent qu’on ne doit pas crucifier la poutre et que l’équilibre des forces, la souplesse des bois et l’intelligence des géométries suffisent à soutenir les deux cent dix tonnes du toit de plomb sans qu’on ait besoin de planter un seul clou.”



samedi 15 septembre 2007

conte zen du chat perché



Un jour un moine alla rendre visite à un maître zen.
Le moine dit " je suis venu sans rien sur moi"
Le maître lui répond "alors, pose-le!"
Le moine qui n'avait pas compris, se mit très en colère.
Alors, calmement, le maître dit au moine "je vous en prie, reprenez-le et rentrez chez vous".

Le chat de mon ami m'a dit que les capucines se mangent si on les fait confire auparavant. (koan sarthois)

mercredi 29 août 2007

rouge à lèvres et pivoines


"C'est le petit scandale culturel de l'été. A la fin du mois de juillet, dans une salle de la Collection Lambert en Avignon, une jeune femme visitant l'exposition consacrée à l'oeuvre du peintre Cy Twombly dépose sur un monochrome blanc une trace de rouge à lèvres. Interpellée, cette artiste de 30 ans affirme qu'elle a senti que la toile l'appelait en lui demandant: " embrasse-moi."
L'affaire aurait dû être jugée le 16 août dans le cadre d'une reconnaissance de culpabilité mais, puisque la jeune femme nie la dégradation de l'oeuvre et plaide l'acte d'amour(!), le tribunal correctionnel de la ville tranchera le 9 octobre. D'ici là, on l'espère, l'empreinte écarlate aura été effacée puisque même un laboratoire de la Nasa s'est proposé de nettoyer le rouge à lèvres, dont la composition chimique, sachez-le mesdames, est à la fois secrète et extrèmement complexe. ll faut ajouter que Cy Twombly, âgé de 79 ans, est l'un des plus grands artistes vivants et que la toile endommagée fait partie d'un triptyque évalué à 2 millions de dollars. Evidemment, les journaux télévisés-le baiser stupide, et peut-être opportuniste, a eu au moins le mérite de les intéresser à cette exposition magnifique- ont beaucoup insisté sur le prix de l'oeuvre. C'est la face la plus spectaculaire mais aussi la plus médiocre de l'art.
Ainsi, le soir du vernissage, une dizaine d'employés de la galerie américaine Gagosian (la plus grande du monde), vêtus comme des X-men, veillaient sur le peintre comme s'il s'était agit d'un coffre fort. Vers la fin du repas, le vieil homme, qui s'ennuyait, quitta la table. Sur la nappe, en son honneur, le restaurant avait posé des fleurs de pivoines, le sujet de son exposition avignonnaise "Blooming". Cy Twombly prit une fleur dans ses mains et la contempla longuement- son visage devint radieux. Mais l'artiste, émerveillé par la splendeur de la nature, ne vit pas venir vers lui l'un de ces "Gagosian boys", qui lui ôta la fleur des mains en disant: "Vous aimez cette pivoine, M. Twombly, je vous la fait monter dans votre chambre." Le viel homme, désemparé, regarda un instant ses mains vides, puis la salle, puis à nouveau ses mains.
Nul tribunal ne condamnera jamais cet autre geste imbécile. Et l'on se dit que le baiser, plûtot que de souiller l'oeuvre, aurait dû, comme une caresse consolante, être déposé ce soir-là sur le visage triste du poète."
Olivier Céna- Télérama N°3006 du 25 août 2007
La photographie ci-dessus ne représente pas une oeuvre d'art, elle a été prise à Pékin, en 1998, par François Dautresme, voyageur passionné, et résulte du geste génial d'un artisan chinois pour essuyer son pinceau sur le mur d'un atelier de réparation de meubles. Pour moi, comme le baiser sur le tableau, c'est quand même une grande oeuvre d'art.

mardi 28 août 2007

L'oreille est un puits


On dit parfois: “les paroles s’envolent, les écrits restent”. Je ne crois pas que ce soit ainsi.
Catherine Dolto-Tolitch disait, en juin 1995, dans la revue “rééducation orthophonique” : “on a longtemps dit, et on dit encore parfois que le foetus n’entendait pas les sons extérieurs et que la voix du père ne passait pas. L’expérience quotidienne montre que c’est tout à fait faux. L’enfant entend avec sa peau dès le début de sa vie intra-utérine, bien avant de disposer d’un appareil auditif fonctionnel-au dernier trimestre de la grossesse. Les anciens accoucheurs en avaient l’intuition qui disaient que la peau du foetus est une grande oreille.”
Sa mère, Françoise Dolto, disait que le bébé enregistrait tout ce qui lui était dit depuis sa naissance, comme sur une bande magnétique.
Erri De Luca éclaire de ses réflexions quelques passages de la Bible, dans des registres universels, spirituels et linguistiques. ll se dit non-croyant.
ll écrit: “ une paire d’oreilles tu as creusé en moi, dit David à Yod dans le psaume(40,7). Creusée comme le verbe de celui qui perce le sol pour y aménager un puits. En terre d’aridité, le puits est une richesse. Des oreilles comme des seaux, des questions et réponses, vides et pleines. Des oreilles pour contenir, retenir.
ll était ainsi autrefois l’organe de l’ouïe, preneur de mots, avide d’écoute. En lui, la voix se gravait et restait intacte. Un prophète pouvait répéter une rafale de propos qui lui avait été confiés. Jamais Yod ne demande à l’un d’entre eux de prendre des notes, de sténographier. Et de toutes les objections faites à Yod par les prophètes, de Moïse bégayant à Jonas/Ionà le rebelle, aucune ne prévoit: si j’oublie quelque chose?
Ce n’était pas possible. À cette époque, les oreilles étaient les organes de la plus haute fidèlité. Même Jésus se confie à ce seul enregistrement, la membrane acoustique de ses contemporains, prodigieuse par sa capacité de mémoire. Et alors, bénies soient les oreilles, symbole d’un reste arraché à l’anéantissement.”
Deux textes sur les origines, l'apparition du symbolique, le lieu protégé du ventre maternel ou le désert et la terre des bergers sur laquelle on n'entend que le vent et la voix... L’écriture est une invention récente dans l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui, nous sommes submergés de bruits, de sons en tous genres. Souvent, ils sont appauvris par les compressions dans les fichiers électroniques. Les constructeurs de baladeurs MP3 sont amenés, par des réglementations, à limiter le volume sonore de leurs appareils pour éviter d’endommager les oreilles des adolescents.
Comment retrouver une culture animale de l’ouïe, de la confiance absolue en la parole entendue? Dans le silence, quand on marche côte à côte? En parlant doucement à l’oreille de l’amant en lui touchant la peau? En racontant une histoire à son enfant blotti dans ses bras? En écoutant le bruit du vent dans les feuilles des arbres?

dimanche 12 août 2007

The winds


C"est un homme. Oui, il dit:" je suis un homme"... ll marche calmement. ll voit un arbre au milieu d'un champ. Un bel arbre. Seul. Comme l'homme aussi se sent seul, il marche vers l'arbre. L'herbe est épaisse tout autour. L'homme délace ses chaussures. ll enlève la droite, puis la gauche sans quitter l'arbre des yeux. ll trouve la terre fraîche et douce. ll ferme les yeux. ll écoute. Le bruit du vent qui glisse entre les branches de l'arbre est unique. Ensuite seulement l'homme sent la caresse du vent, d'abord dans ses cheveux, puis sur sa peau, puis les brins d'herbe lui chatouillent un peu le dessus des pieds. ll inspire profondément. Un peu de vent entre par ses narines. ll creuse le ventre et dit fort le mot "SAN". Son souffle est porté par la brise chaude de la fin de journée. "S" glisse sur sa langue, se faufile entre ses dents, il prépare le mot. "A" est chaud et profond, il vient du fond de la gorge qui doit être libre, il donne le volume au mot. "N" voudrait retenir un peu du mot par le nez, il fait vibrer le mot et laisse une trace dans le corps. Les vibrations bousculent les particules du vent. Elles le nourrissent, l'enrichissent, le gonflent encore un peu. C'est un vent qui balaie son pays. ll tient peut-être d'un "creithleag" (vent d'lrlande) qui frôle les épis d'orge mûrs. ll attrapera bientôt la traîne du "libeccio" d'ltalie ou celle du "levante" espagnol, du "leveche" au Maroc, du "khamsin" en Lybie,du "sharkiye" en Jordanie ou du"shamal" en lraq. ll rejoindra peut-être le "datoo" qui part de Gibraltar,le "karaburan" sur le désert de Gobi,le "bad-i-sad-o-bist-roz" (vent de cent-vingt jours) en Afganistan ou encore le "daibafu", le vent qui saisit la queue des chevaux au Japon, après s'être laissé bercer par le "bhoot" en lnde. Avant de descendre, il longera la Chine emporté par le "sz" (premier souffle de l'automne sur Pékin) ou par le "i tien tien fung" (soupir dans le ciel). Un "bolon" ou un "tamboen", en Indonésie accueille d'abord le "S", puis le "A", et un instant après le "N". Le soir un grand soleil rond illumine la terre comme un sourire. Une femme marche fièrement, pieds nus dans le vent léger, son oreille la chatouille très légèrement.

samedi 4 août 2007

à La Rochelle...


...il y a des arbres dans la ville...


...beaucoup de monde sur le vieux port...


...des musiciens...


...des gens qui vont et qui viennent...


...avec leurs bagages...


...qui montent et qui descendent...


...qui expriment leur joie,


qui montrent ce qu'ils savent faire...


...qui se parlent et qui s'en vont...


...qui écoutent...


J'ai vu une famille de canards,


mais je n'ai pas trouvé de poisson rouge bravement gagné...


...mais une exposition du vieux peintre "Jean-Joseph Sanfourche" au Cloître des Dames-Blanches, qui parle beaucoup dans ce tableau.

dimanche 29 juillet 2007

paroles d'un ange (poème)



5077.DEMI-ENSEMBLE à PLAN AMÉRICAIN, extérieur jour (1 mn. 18s.)
(Travelling depuis l'avant d'une voiture) Damiel, son armure sous le bras, tourne dans la rue d'Orange. ll avance à grands pas tout en regardant constamment à droite et à gauche.


VOIX DE DAMIEL:
"Lorsque l'enfant était enfant,
les pommes et le pain
suffisaient à le nourrir,
et il en est toujours ainsi.
Lorsque l'enfant était enfant,
les baies tombaient dans sa main
comme seules tombent les baies,
et c'est toujours ainsi,
les noix fraîches
lui irritaient la langue,
et c'est toujours ainsi,
sur chaque montagne, il avait le désir
d'une montagne encore plus haute
et dans chaque ville, le désir
d'une ville plus grande encore,
et il en est toujours ainsi,
dans l'arbre, il tendait le bras
vers les cerises,
exalté
comme aujourd'hui encore,
était intimidé par les inconnus
et il l'est toujours,
il attendait la première neige
et il l'attend toujours.
Lorsque l'enfant était enfant,
il a lancé un bâton contre un arbre,
comme une lance,
et elle y vibre toujours."

(FIN DE LA CINQUIÈME BOBINE)
Wim Wenders- Les ailes du désir-(film)1992

Cette vibration est encore dans ma peinture, dans mon corps, dans ma vie!

samedi 28 juillet 2007

before..., alone with careless love


69. 75
à Alain Cuny

27.Vl.41

Si tu pouvais comprendre Alain comme cela me fait du bien de sentir que tu me devines si bien, moi dont le rôle est toujours de comprendre les autres pour les aider et qui me sens si seule. On pourrait croire que cela satisfait une certaine vanité de servir ainsi aux autres de secours et de lucidité : on se tromperait pour moi. Je sais bien que je dois faire quelque chose pour avoir la dignité de vivre et que je suis faite pour répandre une certaine paix, pour laisser dans mon sillage calme les êtres blessés se reposer de leurs tempêtes en se laissant flotter. Je suis faite pour cela puisque de tout temps, même quand j’étais enfant mes camarades inquiètes ou instables, même plusâgées que moi étaient attirées à se confier à moi. ll doit y avoir un certain ensemble de courbes claires et sombres dans le visage et dans le mouvoir des êtres qui les destine ainsi à ce rôle. Qui pourrait refuser ce qu’on vient lui demander si cela ne lui ôte rien de le donner. Mais si cela n’ôte rien cela n’enrichit pas non plus. C’est ainsi. C’est dans l’ordre. On est le pantin et un autre tire les ficelles. Mais moi, moi, est-ce que je ne pourrais pas moi aussi avoir un autre bonheur que seulement celui de faire le bonheur des autres ou de soulager leurs malheurs.
Je ne refuse pas de jouer mon rôle je fais même de mon mieux pour y être experte et ne pas tromper la confiance qu’on me fait, mais cela ne me suffit pas, et cela ne flatte même pas ma vanité. Je sais si bien que je ne sais rien, je sens si bienque ce que je donne est si peu à côté de ce qu’on voudrait recevoir et à côté de ce qu’on attend de moi.
Si seulement je pouvais me croire indispensable comme d’autres mais je n’ai même pas cette illusion-là. Tu es gentil de faire attention à moi et surtout de me secourir par ton amitié. J’ai beaucoup cru dans l’amitié. Parce que celle que je donne est d’une très grande stabilité je pensais que je croire dans les êtres élus. Mais ils sont mouvants et charnels aussi l’amitié suit les lois de leur mouvance et de leur chair. Je les aime tels mais je souffre. Je ne peux pas tenir rigueur aux êtres de la souffrance que je ressens à cause des illusions qu’ils me font perdre. Je sens trop que c’est mon besoin d’absolu qui les a rendus transparents et plus vrais qu’ils ne sont. En chacun j’ai vu le diamant qui se cache sous ses formes (médersoïdes : un mot incertain) et pour ce diamant qui se cache en eux je les aime. Mais à cause de la caricature que fait son image à travers la paroi qui louche je souffre.
Je continue à être sûre que je dois chercher à vivre à l’extérieur comme je suis à l’intérieur. C’est ma seule certitude de vérité. Elle ne m’apporte pas les joies que je crève d’envie de conquérir mais si je truquais je me mépriserais et je ne pourras pas goûter des joies indignement conquises. ll n’y a pas d’issue dans ce drame qui est décidément ma condition.
Je t’aime beaucoup. Si à des moments je t’ai aidé et si quelquefois cela me paraissait dur de ne pas te sentir assez fort pour pouvoir te demander la réciprocité, maintenant tu me le rends bien, aujourd’hui c’est toi qui m’a fait du bien. Je t’embrasse.

Françoise.

( Françoise DOLTO-correspondance, volume 1)

careless love


no comment

jeudi 26 juillet 2007

dragon clouds



You’re gonna make me lonesome when you go
Je serai bien seul quand tu partiras

I've seen love go by my door
It's never been this close before
Never been so easy or so slow.
Been shooting in the dark too long
When something's not right it's wrong
You're gonna make me lonesome when you go.

J’ai vu l’amour qui passait à ma porte
Il n’a jamais été proche à ce point
Jamais si facile ni si long.
Je me suis battu dans le noir trop longtemps
Quand on n’a pas raison, c’est qu’on a tort
Je serai bien seul quand tu partiras.

Dragon clouds so high above
I've only known careless love,
It's always hit me from below.
This time around it's more correct
Right on target, so direct,
You're gonna make me lonesome when you go.

Là-haut si haut des nuages dragon
Je n’ai connu que l’amour sans attention,
Toujours des coups par en-dessous.
Au moins cette fois c’est plus correct
En plein dans le mille, si direct,
Je serai bien seul quand tu partiras.

Purple clover, Queen Anne lace,
Crimson hair across your face,
You could make me cry if you don't know.
Can't remember what I was thinkin' of
You might be spoilin' me too much, love,
You're gonna make me lonesome when you go.

Trèfle pourpre, carotte sauvage,
Tes cheveux cramoisis en travers du visage,
Tu me faisais pleurer, si tu l’sais pas.
J’me souviens plus à quoi j’pensais
Tu m’aurais trop gâté, ma fée,
Je serai bien seul quand tu partiras.

Flowers on the hillside, bloomin' crazy,
Crickets talkin' back and forth in rhyme,
Blue river runnin' slow and lazy,
I could stay with you forever
And never realize the time.

Sur les flancs de la colline, la folle floraison,
Les chants des grillons vont et viennent en rimes,
Le fleuve bleu s’étire paresseux et lent,
Je pourrais être avec toi pour toujours
Et oublier le temps à jamais.

Situations have ended sad,
Relationships have all been bad.
Mine've been like Verlaine's and Rimbaud.
But there's no way I can compare
All those scenes to this affair,
You're gonna make me lonesome when you go.

Des histoires ont fini tristement,
Les relations se sont toutes mal passées.
Moi, ç’a été comme Verlaine et Rimbaud.
Mais pas question de comparer
Toutes ces liaisons avec cette aventure-ci,
Je serai bien seul quand tu partiras.

You're gonna make me wonder what I'm doin',
Stayin' far behind without you.
You're gonna make me wonder what I'm sayin',
You're gonna make me give myself a good talkin' to.

Je vais me demander ce que je suis en train de faire,
Pourquoi je reste loin derrière sans toi.
Je vais me demander ce que je suis en train de dire,
Tu vas m’obliger à me questionner.

I'll look for you in old Honolulu,
San Francisco, Ashtabula,
Yer gonna have to leave me now, I know.
But I'll see you in the sky above,
In the tall grass, in the ones I love,
You're gonna make me lonesome when you go.

Je chercherai après toi dans Honolulu,
San Francisco, Ashtabula,
Bientôt tu devras me quitter, je le sais.
Mais je te verrai dans les nuées,
Dans l’herbe haute, dans celles que j’aime,
Je serai bien seul quand tu partiras.

vendredi 20 juillet 2007

thank you and thank you again...


...for this touch of zen. l just want to live again this real perfect authentic moment of relation. Plenitude and sincerity with simplicity, so rare. Thanks a lot again to my own true friend the tree to keep this instant unchanged inside me for ever.

jeudi 19 juillet 2007

Merci à Carolyn et au photographe inconnu


Carolyn Carlson et Anselm Kiefer
Carolyn Carlson a investi les sculptures de béton échouées au Grand Palais. Leur donnant un peu de sa chair.

Carolyn Carlson, chorégraphe américaine, ne connaît pas Anselm Kiefer, peintre allemand. A peine ont-ils échangé quelques mots lors du vernissage de l’exposition « Chute d’étoiles », du peintre, au Grand Palais. Les deux artistes ont en commun de passer une grande partie de leur temps en France. Ils ont à peu près le même âge. Pour le reste – qui représente ici l’essentiel –, leurs préoccupations esthétiques sont très éloignées les unes des autres. De l’œuvre de Kiefer, on pourrait dire ce que l’on pourrait dire également de celle de Pina Bausch, autre Allemande, qu’elle est occupée par une gigantesque tâche : reconstruire, au sortir d’une catastrophe fondamentale pour l’identité européenne, encore et encore, bout après bout, pas à pas, les corps et les représentations. On devine bien en quoi il est ici question de redonner au monde figure humaine, habitable et hospitalière. De l’œuvre de Carlson, on voudrait retenir le sens de la gratuité, du geste placé dans l’espace et le temps, sans frayeur – ou si rarement –, de l’acte juste adossé aux éléments, des bras qui improvisent comme s’ils n’avaient aucun doute quant à leur histoire de bras ni quant à leur appartenance à un corps debout. Ici, figurer, montrer, reconstruire n’est pas au cœur du propos. Voilà deux mondes qui pourraient ne pas se rejoindre, ne rien se dire...

Seulement lorsqu’elle apparaît, Carolyn Carlson, fine et saccadée, au centre de l’exposition d’Anselm Kiefer, qu’elle semble longer un champ de ruines, composé de béton, de cailloux, de poussière, de fer, de tôles, d’amas de livres brûlés et plombés, alors on voit – on l’expérimente même – que l’art, fût-il celui du grand Kiefer, n’est jamais tout à fait achevé, qu’il est toujours manquant, en quelque sorte insuffisant. Qu’il a besoin des autres, de l’autre pour déployer ce qu’il ne sait pas de lui-même. Carlson a-t-elle magnifié Kiefer ? Peut-être a-t-elle seulement donné à la monumentalité de son œuvre un peu du grain de la peau. C’est beaucoup. La performance de Carolyn Carlson et des danseurs du CCN de Roubaix qu’elle dirige a eu lieu, devant des milliers de personnes, le samedi 7 juillet dernier. L’exposition d’Anselm Kiefer fermait le lendemain.

Daniel Conrod
Télérama n° 3001 - 21 Juillet 2007 (pourquoi Télérama ne mentionne-t-il pas le nom du photographe qui a pris cette photo tellement émouvante?)