
"Et du vide. Un vide somptueux.(...) Chacun parle du vide à sa manière, je suppose. ll peut prendre la forme du ventre d'une baleine; d'une vallée; d'une bulle géante de chewing-gum; d'un flacon de parfum recyclé dans lequel s'est logé un galion(...) Le mien est enfermé dans quatre-vingt trois pièces de bois. Chaque pin et chaque épicéa possèdent un timbre singulier que le luthier le plus talentueux ne peut amener, par transsexualisation, à "barytoniser" s'il est clair, ou à "sopraniser" s'il est sombre.(...) Le vide, matrice du son, reste une matière furtive. Quand on colle l'oreille aux ouïes d'un violon, on n'entend pas la mer. Ni la fôret d'où vient l'arbre."
Anna Moî -violon (opus cit.)
