samedi 3 mars 2007

les cyndiriques


En 1980, une viennoise de 25 ans, Elfie Stejskal, ancienne hôtesse de l'air, a séjourné un an chez les Indiens Wajapi en Guyane française, à la frontière du Brésil, à "Trois-Sauts", sur les rives du haut Oyapock. Championne de kayak, elle s'est installée près d'une tribu pour essayer d'entrer en contact avec les Indiens. Sa présence fût, en effet, vécue comme de moins en moins intrusive et hostile. Après plusieurs mois, les hommes de la tribu utilisait son kayak pour attacher leurs lignes de pêche ou rapporter leurs prises. Le mot Wayapi veut dire "nous mangeons de l'homme", ils n'en mangent plus depuis longtemps mais nomment toujours le manioc " la chair de la grand-mère Alipami". Voulant leur montrer de quoi elle était capable, la jeune Elfie entreprit un beau matin de descendre des rapides fort dangereux à bord de son kayak. De retour au campement la réaction ne fût pas celle escomptée... Un Wajapi s'avança vers elle et lui dit : "pourquoi as-tu fait cela? Si tu veux descendre les rapides, tu peux très bien les descendre en portant ton bateau sur la rive!" Jamais un homme de la tribu ne prendrait de risque inutile. Ce serait mettre en péril la tribu entière. Les Indiens le savent, eux qui avancent nus-pieds dans un univers hostile, eux qui étaient 10 000 au XVlll° siècle et environ 200 aujourd'hui. A faire suivre aux ados...?

dimanche 25 février 2007

le canapé


"C'est au cours d'un long voyage que je l'ai rencontrée. Certes je la connaissais, mais jamais je n'avais osé lui adresser la parole, l'eût-elle fait, que je ne l'aurais pas entendue. Jamais non plus je ne l'avais autorisée à m'accompagner là où j'allais.Elle se révéla être une compagne insatiable, me poussant sans cesse à ne rien faire d'autre que ce que j'avais à faire au bon moment. Elle m'appris que je n'arriverais à vivre et à trouver le bonheur que par la façon que j'aurais à être l'hôte de moi-même. Me caressant tendrement, amoureusement, elle m'insuffla sa force. J'adore la douceur avec laquelle elle m'envahit tout entier et sa façon tendre de m'emboîter le pas, le corps, la tête... Sans doute lui ai-je été trop souvent infidèle. Oh, nous allons rarement très loin, un lit suffit à nos transports... Tu es la seule, sache-le, qui véritablement me préoccupe.
Tu es mon urgence, tu es notre urgence, PARESSE." Pascal Dibie-éthnologie de la chambre à coucher-Grasset éd.1987.