dimanche 26 octobre 2014

le projet


"Le projet est le brouillon de l'avenir.
Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons."
JULES RENARD

vendredi 9 septembre 2011

LES LOUPS



"Alors j'ai formulé dans ma tête une question personnelle, et sans cesser de regarder le loup dans les yeux, je lui ai parlé pour poser ma question à moi: Loup, ai-je demandé, ton peuple est chassé depuis le ciel et empoisonné sur la terre, tué à vue, on vous mâtine, on vous fourre dans des cages et vous êtes presque anéantis. Comment se fait-il que vous continuiez à vivre avec une telle douleur? Comment continuez-vous sans même vous retourner et sans vous détruire, comme tant d'entre nous les Anishinaabegs l'ont fait dans les mêmes circonstances?" Et le loup a répondu, non pas en paroles, mais en continuant à me fixer. "Nous vivons parce que nous vivons." Il n'a pas posé de questions. Il n'a pas donné de raisons. Et je l'ai compris. Les loups acceptent la vie qui leur est donnée. Ils ne regardent pas autour d'eux avec le désir de vivre une vie différente, pas plus qu'ils n'abrègent leur existence, en rage contre les humains, ni même qu'ils ne les craignent plus qu'il n'est nécessaire. Ils sont efficaces. Ils affrontent ce qui se présente puis vont de l'avant. Minute après minute. D'un jour à l'autre."
Louise Erdrich-"Ce qui a dévoré nos coeurs" (2010)-Albin Michel, éd. Photographie: installation de Joseph Beuys, Tate Modern, Londres.

lundi 30 août 2010


Au début, on t'ignore, ensuite on te ridiculise, puis on te combat et après tu as gagné.
Gandhi

lundi 7 juin 2010

Santé éternelle


Le recensement mené ces dernières semaines en Indonésie aurait permis de découvrir une femme âgée de 157 ans dans un petit village de l'île de Sumatra. Lors de l'enquête effectuée en mai, la dénommée Turinah a affirmé aux agents recenseurs être née en 1853, ce qu'ils ont jugé envisageable.
"Il n'y a pas de documents authentiques pour prouver son âge mais, sur la base de ses déclarations et en prenant en compte l'âge de sa fille adoptive, qui a 108 ans, il est difficile d'en douter", a déclaré un responsable des services du recensement. Le seul être humain connu ayant vécu plus de 120 ans est la française Jeanne Calment, morte en 1997 à 122 ans.



Selon le responsable, Turinah continue de s'activer autour de la maison où elle habite et a fumé des cigarettes aux clous de girofle toute sa vie. "Malgré son âge, elle conserve une excellente mémoire, une bonne vue et n'a pas de problème d'audition", a-t-il ajouté. Turinah a indiqué avoir brûlé tous ses papiers d'identité en 1965 afin d'éviter d'être liée aux communistes, dont un grand nombre ont été massacrés après avoir été accusés d'avoir fomenté un coup d'Etat.

L'Indonésie a chargé des milliers d'agents, souvent peu formés, de mener le recensement de ses quelque six mille îles habitées. Ces dernières sont peuplées d'environ 240 millions d'habitants, faisant de l'archipel le quatrième pays le plus peuplé derrière la Chine, l'Inde et les Etats-Unis. Pendant l'enquête, une autre Indonésienne a affirmé aux agents recenseurs être âgée de 145 ans.
Le Monde (07-06-2010)

lundi 19 avril 2010


« La vraie révolution qui manque est celle de la bonté. Malheureusement, le mépris social a dénaturé ce mot. Il est temps de lui redonner tout son sens. De la même manière que le corps se compose de 70 % d'eau, la littérature doit comporter 70 % de langage. Les 30 % restants sont l'histoire, les personnages... C'est pour cela que j'écris, pour le travail sur la langue. Je suis là pour la préserver. C'est mon travail d'écrivain et de citoyen. »......"Parlons-nous pour la même raison que nous transpirons ? Juste comme ça ? La sueur s'évapore, se lave, disparaît, tôt ou tard elle atteindra les nuages. Et les mots ? Où vont-ils ? Combien restent ? Pour combien de temps ? Et, en fin de compte, pour quoi faire ? Ce sont là des questions superflues, je le sais bien, propre de quelqu'un qui vient d'avoir 86 ans. Ou peut-être pas si superflues que cela si je pense que mon arrière-grand-père Jeronimo, dans ses dernières heures, est allé dire adieu aux arbres qu'il avait plantés, les a étreints en pleurant parce qu'il savait qu'il ne les reverrait plus. La leçon est bonne. J'étreins donc les mots que j'ai écrits, je leur souhaite longue vie et je recommence à écrire là où j'avais arrêté. Il n'y a pas d'autre réponse. »
José Saramago("cahier")

samedi 27 mars 2010


« Dieu est le silence de l'univers, et l'homme le cri qui donne sens à ce silence ».
José Saramago-Prix Nobel de littérature.

vendredi 26 mars 2010


"Danser doit s'ancrer ailleurs que dans la technique pure et les chemins balisés. La technique est importante, mais elle n'est qu'un point de départ. Certaines choses peuvent être exprimées par les mots, d'autres à travers le corps. Mais il y a aussi des moments où l'on reste sans voix, complètement perdus et désorientés, sans savoir quoi faire. C'est là que commence la danse, pour des raisons exemptes de toute vanité. Non pas pour démontrer que les danseurs savent faire quelque chose que le spectateur ne sait pas faire, mais pour trouver un langage avec des mots, des images, des mouvements, des atmosphères, qui nous fasse pressentir quelque chose qui existe en nous depuis toujours. C'est une connaissance très précise. Nos sentiments, ceux que nous partageons tous, sont très précis. En revanche, c'est un processus excessivement difficile à faire émerger. Je sais bien qu'il s'agit de quelque chose qui demande de grandes précautions. Si on traduit ça trop vite en mots, ça peut disparaître ou devenir anecdotique. Pourtant il s'agit d'une connaissance que nous possédons tous et la danse et la musique sont des langages très précis, grâce auxquels il est possible de faire pressentir cette connaissance."


Extrait du livre Pina Bausch vous appelle, de Leonetta Bentivoglio et Francesco Carbone. Ed. de l'Arche, 2007.


vendredi 24 avril 2009

quand pourrons-nous nous voir enfin...(Henri Michaux)


« Quand pourrons-nous nous voir enfin? » me demandiez-vous lors de notre dernier songe commun. A vrai dire, je ne sais. Sans doute dans une poignée de secondes… Il a fallu sept jours pour créer la Terre dit-on, et il ne me reste que peu d’étapes à franchir d’après les dernières lignes que j’ai pu traduire. Deux fleuves à traverser, et je sais que j’aurai une barque en bois d’orme champêtre pour passer le premier et que je devrai franchir le second blotti au plus profond de la cale d’une jonque dont le pilote ne sera autre que Jamil, notre commune connaissance, qui comme vous pouvez sans peine l’imaginer ne m’épargnera aucun obstacle sur le chemin qui me mène à vous. Hier j’ai senti votre parfum, l’instant précédant le passage de l’oiseau Océan. Cela restera toujours un mystère pour moi, mais je suis certain qu’il s’agissait de votre odeur, ambrée, animale, profonde, dans les turbulences des courants d’air annonciateurs de la venue de l’oiseau. C’est lui qui ensuite m’a glissé sous ses plumes pour m’aider à gravir la montagne de nacre, selon moi, la couleur de votre teint. Je voyais défiler sous mes yeux des paysages inconnus mais rassurants. Des enfants couraient pour tenter d’attraper l’ombre bleue qui balayait les champs de blés murs. Une femme berçait son enfant, lui chuchotant à l’oreille un poème en une très ancienne langue de l’autre rive. Des hommes travaillaient à la construction de huttes, d’autres caressaient les animaux du troupeau les plus fatigués. Un vieil homme dansait très lentement sur la chanson de Duffy « Warwick avenue », ses larmes brillaient dans le soleil du soir. Les eaux étaient des sabres qui fendaient les rizières, entaillaient les forêts de bois rouges. Arrivé au sommet, un souffle m’a déposé sur de larges pétales, puis j’ai roulé dans l’herbe haute, saoul. Je savais qu’il fallait que je suive la trace du serpent-qui-parle mais qu’il ne me dirait pas un mot sur vous. Le parcours était hasardeux. Un papillon d’un bleu d’acier a frôlé ma joue et j’ai alors eu la révélation de la douceur soyeuse de votre peau. Cela m’a persuadé de poursuivre sur la voie de ma vie. Au creux du vallon régnait un calme envoutant. Un enfant dormait dans un sillon herbeux, un lion à ses côtés lui procurait quelque chaleur. Son ventre bougeait lentement. Il tendit la main dans son sommeil pour m’indiquer la direction des fleuves. Je vis alors le vert et l’écume. J’ai, à cet instant précis, eu la certitude de la couleur de votre regard. La barque m’attendait. Large, accueillante. La traversée fut tranquille, la musique des flots jouait une valse lente. Jamil m’attendait à l’embarcadère, un anneau à l’oreille. Il sortit son arme. Il sourit, découvrant le tranchant de ses dents, et j’ai alors senti l’évidence de la souffrance qui vous accompagne et que vous voudrez, un jour, m’infliger. Je suis resté très calme et j’ai fermé doucement les yeux. J’ai senti les draps rugueux au fond de la cale, les odeurs de mazout et de sueurs, le gout du sang sur les lèvres, les blessures aigües des combats passés, le froid du verre et de l’acier, les tressaillements de la jonque. Et puis le calme régnât dans les territoires les plus intimes de mon corps et de mon âme. Je souris. J’ouvre les yeux. J’écarte les bras et respire, enfin, d’un souffle nouveau qui irradie mon être en frôlant mes narines dilatées, Je n’ai plus rien d’autre à faire que sourire et sentir le frais de la terre sous mes pieds. A cet instant je sens votre tête appuyée sur mon épaule, confiante. Je vous touche avant de vous voir, comme si toute une part de vous s’était reconnue en moi. Nous ne nous quitterons plus, nous n'avons jamais été séparés

dimanche 19 octobre 2008

tree


Paroles de Tree Hugger :


Kimya Dawson Lyrics


The flower said, "I wish I was a tree,"
The tree said, "I wish I could be
A different kind of tree,
The cat wished that it was a bee,
The turtle wished that it could fly
Really high into the sky,
Over rooftops and then dive
Deep into the sea.

And in the sea there is a fish,
A fish that has a secret wish,
A wish to be a big cactus
With a pink flower on it.
And in the sea there is a fish,
A fish that has a secret wish,
A wish to be a big cactus
With a pink flower on it.

And the flower
Would be its offering
Of love to the desert.
And the desert,
So dry and lonely,
That the creatures all
Appreciate the effort.

And the rattlesnake said,
"I wish I had hands so
I could hug you like a man."
And then the cactus said,
"Don't you understand,
My skin is covered with sharp spikes
That'll stab you like a thousand knives.
A hug would be nice,
But hug my flower with your eyes."

The flower said, "I wish I was a tree,"
The tree said, "I wish I could be
A different kind of tree,
The cat wished that it was a bee,
The turtle wished that it could fly
Really high into the sky,
Over rooftops and then dive
Deep into the sea.

And in the sea there is a fish,
A fish that has a secret wish,
A wish to be a big cactus
With a pink flower on it.
And in the sea there is a fish,
A fish that has a secret wish,
A wish to be a big cactus
With a pink flower on it.

And the flower
Would be its offering
Of love to the desert.
And the desert,
So dry and lonely,
That the creatures all
Appreciate the effort.